Me voici arrivée au bout du monde. Un petit morceau de continent au milieu de douves océaniques : Madagascar. On y trouve des odeurs et des sons répercutés de toute part sur les pentes de terres rouges. Les gens y sont indescriptibles, aux frontières des cultures et des apparences de tant d'ailleurs différents. Les pousse-pousse arrivés de Chine côtoient les françaises carrosseries des vieilles Deux-chevaux et R5. Les taxi bringuebalent comme au Liban sur des routes pleines de trous. Les crues sont torrentielles, et l'érosion élevée au rang de fléau. Les fruits sont exotiques et tempérés, les insectes sur-dimensionnés. On remplit les bus comme les boites de sardine et on réfrigère les 4x4.
Les peaux sont la seule chose qui n'évoque pas la vanille : elles sont caramel, chocolat, et ébène. Les yeux ont des formes diverses mais d'une seule couleur. Noirs toujours, pénétrants et jamais baissés.
La fée électricité est capricieuse sous les tropiques, elle somnole du crépuscule au lever de la dernière étoile, berçant les esprits de la fin de journée dans une chaude pénombre limitée aux halos des bougies.
Il y a ici l'odeur de la solitude qui plane sur des étendues vides, des déserts verts, des rizières inondées. La mer est partout mais on la voit si peu. On l'entend se briser sur les étales des poissonniers qui vendent des poissons ayant trop voyagé.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire