Il est un paradis perdu et retrouvé, seul endroit qui a su dans sa décadence retrouver cette beauté primaire des terres qui n'ont jamais vu les vacanciers.
Une côte aux palmiers penchés par le vent, au sable qui voltige, blanc, un port qui n'accueillent que pirogues et voiliers de pêche, des noix de cocos à tous les stades de maturité qu'on cueillerait soi-même.
Ce tableau idyllique est encadré de vestiges d'une saison touristique depuis longtemps révolue : ici des bungalows de luxe en bois précieux qui offrent leur panorama marin aux quelques rats qui ont su s'y faufiler mais fermés à d'autres habitants. Là le béton bleu turquoise d'une ancienne piscine où viennent aujourd'hui se briser les vagues. On en distingue encore une savante mosaïque marine qui ne peut plus concurrencer les vrais poissons qui s'y retrouvent comme dans un autre volume de mer. Des paillotes s'alignent le long du rivage, le sable est venue à elles, elles n'ont pas eu à se construire les pieds dans l'eau. C'est la mer qui avance. Leurs chaises et tables sont branlantes, rendues bancales par la profondeur du sable fin qui les supporte, lavées au vent salé venant de l'océan. Quelques frigos ensablés rendent encore des bières fraiches aux rares vacanciers qui sont venus se perdre dans les épaves léguées par les flots de leurs congénères qui jadis arpentaient ces rues.
Le goudron a laissé place au sable, les grands hotels désertés servent de paravent aux cases de pêcheurs qui ont regagné les environs de la ville fantôme. Les paréos traditionnels dessinent des silhouettes qui ne souffrent pas du soleil, n'exhalent pas cette odeur de crème. Entre un portique de baobabs et une plage sauvage, l'accueil d'un palace fantôme s'érode lentement au sable qui s'égraine au vent incessant, sablier s'écoulant sans fin qui aura raison de ces ruines.
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